A Vida Enorme, performance est un duo constitué de deux
parties distinctes et pensé comme un film dont la bande son et
l’image sont séparées et présentées
à la suite l’une de l’autre. La première partie,
la bande sonore, est un dialogue entre un homme et une femme qui s’adressent
l’un à l’autre depuis deux poèmes du portugais
Herberto Helder. L’espace de «situation» (la rue,
la chambre) entre dans cette poésie «samplée»
en français et en portugais. Une deuxième couche sonore,
rock, vient régulièrement écraser le pseudo réalisme
de la première. Ce geste sonore est un mouvement qui dessine
un horizon commun aux deux protagonistes à la façon d’un
refrain. L’homme et la femme viennent ensuite inscrire leur présence
sur le plateau en deux parcours autonomes qui se conjuguent parfois.
Leur physicalité, tour à tour brute et vacillante, imprime
son propre récit.
«J’ai eu envie de faire travailler les couches délibérément
séparées du son et de l’image, celles superposées
de la poésie physique et spirituelle de Helder et l’utopie
rock de Bowie et celles juxtaposées du découpage opéré
pour la langue puis par les corps.» E. Huynh
A Vida Enorme, performance, tente un récit dispersé
en utilisant les outils cinématographiques tirés vers
la scène du spectacle vivant sans qu’il y ait à
proprement parler d’image (projetée) sur le plateau, récit
dans lequel la langue et le corps célèbrent la chair du
monde et son opacité.
avec : Emmanuelle Huynh, Nuno Bizarro
chorégraphie : Emmanuelle Huynh
régie générale : François
Le Maguer
régie son : Alain Cherouvrier
A Vida Enorme, performance d’Emmanuelle Huynh permet
de clore le programme des évènements autour de l’exposition
One, de Saâdane Afif, qui se termine le 15 juin 2008.