Vues
de l'exposition, XXIe Ateliers Internationaux du Frac des Pays
de la Loire
Cliché : Marc Domage, © Frac des Pays de la Loire |
+
de photos
Depuis 1984, le Frac des Pays de la Loire accueille chaque année
de jeunes artistes en résidence dans le cadre des Ateliers Internationaux.
Pionnier en ce domaine, le Frac développe par cette expérience
exceptionnelle en France une activité de soutien à la création
qui contribue à enrichir sa collection de manière originale.
Lieu de recherche, d’échanges et de production, ces Ateliers
sont un laboratoire actif et réactif. Chaque année pendant
deux mois, ils permettent aux artistes invités de travailler et
de rencontrer d’autres acteurs du milieu professionnel, conservateurs,
critiques d’art, galeristes, ainsi que des élèves
des écoles d’art et des universités qui les assistent.
Il s’établit alors entre l’artiste et l’institution
une relation de concertation qui favorise l’émergence de
nouveaux travaux. Les œuvres réalisées sur place sont
ensuite présentées au public. Le Frac assume alors pleinement
son rôle d’aide à la production
Trixi
Groiss
Née en 1958, en Autriche
Après une formation dans le domaine des arts appliqués et
de la mode, et un passage dans l’atelier de Karl Lagerfeld, Trixi
Groiss fait ses premiers pas sur la scène viennoise avec une performance-défilé
aux accents punks, menée sous le regard de Valie Export. Le vêtement
tient une place essentielle dans les sculptures et les installations qu’elle
développe par la suite, enrichies de dessins et de textes très
brefs, haïkus d’un quotidien absurde. Sa pratique graphique
et photographique s’autonomise alors en séries fouillant
le corps dans tous ses états : peaux saturées de tatouages,
corps criminels, membres mutants, têtes secouées... où
affleure la question du genre (gender), de la norme et de l’identité.
Diango Hernández
Né en 1970 à Sancti Spiritus, Cuba
Le parcours artistique de Diango Hernández est très lié
à la ville qui l’a vu grandir, La Havane. En 1994, il débute
avec le collectif d’artistes Ordo Amoris un archivage d’objets
du quotidien recyclés et détournés de leur fonction
initiale par la population cubaine démunie. Ce corpus, muséographié,
s’enrichira jusqu’en 2003, date à laquelle Diango Hernández
s’expatrie en Europe et poursuit sa démarche en solo. Ses
préoccupations, qu’elles touchent à la viabilité
démocratique, à la possibilité communicationnelle
ou à la notion de liberté individuelle, s’incarnent
dans des installations hybrides, où les objets récupérés
sont omniprésents. Le glissement entre sphère publique (monuments,
objets signalant le pouvoir) et espace domestique est actuellement au
cœur de ses recherches.
Georgia Nelson
Née en 1975 à Londres, Royaume-Uni
Artiste londonienne, Georgia Nelson vit à Nantes depuis dix ans.
La vidéo I like booing la montre de dos, dans la boutique où
elle travaille parfois, face à une porte de verre donnant sur la
rue. Là, au moyen de « boo » sonores déclinés
sur tous les tons, elle appelle l’Autre (le client). Elle semble
nous dire : l’art est un commerce, l’art est un état
de rencontre.
Ainsi, que Georgia Nelson ouvre un restaurant alternatif, une boutique
ludique, fasse le grand écart dans une galerie, ou des claquettes
dans le hall d’une grande entreprise, brode sur du sopalin, confectionne
de patientes compositions où se mêlent objets de papeterie
ou de mercerie, elle crée la mise en formes de relations conviviales.
Et offre, en spécialiste éphémère des domaines
qu’elle explore, une vision de l’art élargie, décomplexée
et enchantée.
Will
Potter
Né en 1978 à Carlisle, Royaume-Uni
Entre notre connaissance (du passé, de l’histoire, des théories
philosophiques et esthétiques) et notre expérience réside
un espace de pensée qui est le ferment du travail de Will Potter.
Qu’il interroge la non-coïncidence entre un objet sculptural
et les attentes du regardeur par le biais d’installations ou laisse
une plus large part au discours dans des vidéos proches de l’enquête
(sociologique, rhétorique et philosophique), il se refuse à
tout dogmatisme et révèle la puissance des systèmes
semi-fictionnels qui fondent notre représentation du monde
Florian et Michael Quistrebert
Nés en 1982 & 1976 à Nantes, France
Se dessine actuellement une sensibilité particulière dans
la sculpture contemporaine française, dont feraient partie les
frères Quistrebert : sculptures imposantes, assemblages de matériaux
divers et de formes hétérogènes porteurs d’une
paradoxale harmonie, s’inspirant des objets communs tout en les
hybridant, détournant et customisant, marquant ainsi une réflexion
novatrice par rapport au courant pop des années 60.
La collaboration de Florian et Michael Quistrebert depuis 2002 génère
également un univers graphique où la concentration des références
(musicales, cinématographiques, folks et académiques) innerve
des séquences narratives lacunaires. Leurs compositions sculpturales
prolongent cette logique synthétique d’emprunts illimités
et jubilent dans l’hybridation des techniques (traditionnelles ou
pas) et des matériaux (résine, verre, cire, textile...).
Lara Schnitger
Née en 1969 à Haarlem, Pays Bas
Accessoires de dentelle, glands, faux cheveux, Lycra transparent, drapés
opaques, foulards de soie, torchons, ou plaids : les œuvres de l’artiste
hollandaise Lara Schnitger se caractérisent par une utilisation
très inventive des matières textiles. Ses assemblages/collages
de tissus créent à la fois des sculptures intimes et des
installations architecturales pénétrables, dont l’ossature
boisée s’offre aux regards. Les textes jouent également
un rôle important dans ses compositions à la lisière
de l’érotisme, de l’humour et de la politique. L’ensemble
manifestant un imaginaire féminin hypersexualisé.
Ingrid Maria Sinibaldi
Née en 1975 à Marseille, France
Ancienne étudiante à la Villa Arson, Ingrid Maria Sinibaldi
quitte rapidement le format tableau pour spatialiser sa peinture : œuvres
monumentales réalisées sur contreplaqué soigneusement
découpé, couleurs explosives disposées en aplat,
références explicites à la modernité (Malévitch,
Rodtchenko, Matisse, Picasso et Arp, entre autres). Dans cet univers où
les pulsions vitales et narcissiques de l’artiste digèrent
l’histoire de l’art à la scie sauteuse, frénésie
et rockn’roll côtoient jouissance et vanité. Pour des
installations offensivement physiques autant que poétiques.
créations
sonores de Julien Quentel réalisées lors
de la résidence
avec la participation des artistes. En partenariat avec HUB
Sur invitation du
Frac, Julien Quentel, preneur de son et metteur en son, a travaillé
pendant deux mois avec les artistes en résidence pour réaliser
une création qui sera diffusée au Frac et sur les ondes.
Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec le
collectif HUB qui réunit des artistes, des musiciens et des plasticiens
qui participent activement à la diffusion de pratiques sonores
expérimentales et/ou improvisées.
Texte : Eva
Prouteau
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