Au mois
de février 2007, Bruno Peinado intervient dans la salle Jean-François
Taddei du Frac des Pays de la Loire.
Figure importante de la jeune scène française, Bruno Peinado
est notamment emblématique de ce qu’on qualifie d’un
art de la post-production. Les techniques telles que le sampling, le
mixage, au même titre que le dub (musique jamaïcaine) constituent
autant de process, de modèles d’activation que l’artiste
reprend et use dans son travail.
L’œuvre de Bruno Peinado s’assimile à une vaste
entreprise de recyclage de signes issus de notre univers contemporain,
interrogeant le rapport que nous entretenons avec eux.
Empruntant indifféremment à la culture de masse comme
aux contre-cultures, l’artiste procède par infiltration
des systèmes médiatiques. Sur le mode de la collision
et du télescopage, l’artiste aime à déployer
tout un réservoir de formes puisées dans les jeux vidéos,
les comics, les flyers ou les pochettes de disque...
Ses dessins, sculptures et peintures, constituent des productions au
format résolument pop, mêlant références
télévisuelles et publicitaires, et histoire de l’art.
Redessiner des images trouvées dans des magazines, inverser le
sens d’un lettrage, laisser des coulures de peinture apparentes,
participe d’une remise en jeu critique de ces codes dans un espace
d’exposition. Chez Bruno Peinado, le décalque ou la citation
contribuent à la redéfinition des notions d’original
et de copie, d’auteur et d’invention.
Fidèle à « la pensée de l’archipel
» théorisée par l’écrivain Edouard
Glissant, les dispositifs plastiques de l’artiste mettent en place
un brassage, une créolisation foisonnante : une mise en réseau
d’éléments qui correspond à une perception
contemporaine du monde. Entre wall drawings et ready-mades, slogans
et logos, les installations composites de Bruno Peinado mêlent
vélo BMX, skateboard, Barbapapa, bétonneuse à facettes,
mire de télévision...
A travers cette logique de la dérive et du fragment, l’artiste
questionne ces images en leur redonnant une complexité. Célèbre
pour la réalisation d’un Bibendum noir, le travail de Bruno
Peinado développe ainsi toute une dimension politique, à
la fois poétique et jubilatoire.