_exposition du
29.09 au 18.11.2007
horaires d'ouverture : jusqu'au 31 octobre, tous les jours
de 10 à 18h
à partir du 1er novembre, tous le jours de 10
à 17h30
Abbaye de Fontevraud_FONTEVRAUD L'ABBAYE (49)
www.abbaye-fontevraud.com
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Avec
son nouveau projet culturel, l’Abbaye de Fontevraud renoue
avec l’esprit qui anima ses origines : être un
lieu de réflexion mais aussi un lieu de vie. Résolument
tournée vers les problématiques de son temps, la
programmation du site aborde les enjeux de la société
contemporaine tout en donnant des éclairages sur l’histoire.
Permettre au visiteur, novice ou érudit, amateur ou passionné,
d’embrasser une pluralité de regards sur une architecture
qui a traversé les siècles, telle est la philosophie
qui sous-tend l’événement « Cité
Idéale » le samedi 6 octobre à Fontevraud.
Une journée qui fait de l’Abbaye le « miroir
des temps » et ouvre de nouveaux horizons sur l’architecture
et la cité. L’exposition organisée par le
Frac des Pays de la Loire et le Frac Centre s’inscrit totalement
dans cette démarche d’exploration du passé
et du contemporain, du rationnel et de l’imaginaire. Les
œuvres présentées offriront en effet une vision
de la Ville utopique, donnant à chacun des exemples concrets
d’utopie architecturale et artistique. Autant de regards
singuliers portés sur la ville et mettant en évidence
le rôle de l’art non seulement dans la compréhension
de notre présent mais aussi dans l’anticipation de
notre futur. |
Peter
Cook (Archigram)
Black Air Ship, a Project by the Archigram Group, London, 1970
Collection FRAC Centre, Orléans
Photographe : Philippe Magnon |
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Instant City,
le titre de l’exposition, fait référence à
un projet de ville nomade imaginé par le groupe d’architectes
anglais Archigram à la fin des années 1960, présent
dans la collection du Frac Centre. Métropole itinérante,
Instant City préfigure une société devenue
réseau d’informations et transforme l’architecture
en événement.
Le Frac des Pays de la Loire dont une des spécificités
est la résidence d’artistes possède de nombreuses
œuvres qui questionnent l’architecture dans sa dimension
utopique, critique, sociale. Une œuvre magistrale de Thomas Huber,
Sonnez les mâtines, est présentée dans
cette exposition. Reconstruction mentale d’une ville dans sa complexité
archétypale, cette installation dans laquelle l’on déambule,
interroge l’architecture comme image. La «ville idéale»
de Thomas Huber, jamais finie, déroule une narration architecturale,
à mi-chemin entre réel et fiction. Martin Boyce rend quant
à lui ambiguë la perception de l’espace, domestique
et urbain ; indéfinissable la distinction entre architecture
et design, interrogeant le « lieu » même de l’architecture.
D’autres artistes scrutent la ville comme une image générique
(K. Solomoukha), une construction ludique (J-F Moriceau et P. Mrzyk),
une élaboration de l’inconscient (Berdaguer-Péjus).
Ou encore, la ville apparaît comme une «géographie
imaginaire» mais avec ses sites archéologiques, fiction
dans la fiction (Paul Noble). Dans la ville en perpétuelle transformation,
les constructions y sont le plus souvent précaires (Andrew Miller,
Koo Jeong.A). La ville idéale que peignait Piero della Francesca
avec ses vues d’Urbino répondait à une vision anthropocentrique
et géométrique du monde. Elle a fait place aujourd’hui
à des assemblages de fragments urbains – critiques, ironiques,
oniriques – à travers lesquels se trame la «ville».
Le Frac Centre qui développe depuis plus de quinze ans
une collection sur l’art et l’architecture expérimentale
présente quant à lui des projets d’architecture
utopique des années 1960 tels que les villes nomades (Archigram)
; les villes spatiales en forme de grille (Friedman) ; les mégastructures ;
No-Stop-City d’Archizoom, ville sans qualité et sans architecture
qui s’étend à l’infini ; les villes obliques
de Parent/Virilio où le sol devient habitable. Ou encore, dans
les années 1970, les fictions urbaines de Rem Koolhaas (Delirious
New York) et les villes végétales de James Wines. Dans
les années 2000, le recours aux outils numériques donnera
lieu à des projets urbains surprenants, ainsi R&Sie(n) ont-ils
conçu un bâtiment qui filtre et absorbe les déchets
atmosphériques de Bangkok ; Xefirotarch a suspendu une ville
sur la mer en Corée qui se donne comme une efflorescence organique.
A travers sa tour-capsule d’un mètre carré, Didier
Faustino fait quant à lui un clin d’œil aux utopies
des années 1960 tout en critiquant l’urbanisation sauvage
et inhumaine de villes comme Hong Kong où existent encore des
« appartements-cages ». Dans la vidéo Anarchitekton,
Jordi Colomer fait déambuler, en périphérie d’une
ville, un personnage arborant une maquette d’architecture, réplique
de bâtiments existants. Le réel et son image se confondent
au sein de la déshérence urbaine.
Toutes ces utopies architecturales, ces fictions artistiques offrent
autant de regards singuliers sur la ville à tous les visiteurs.
Pour la première fois, des œuvres d’artistes croisent
des projets d’architectes dans un dialogue fécond entre
deux collections. La ville n’y est jamais tant une projection
idéale que l’instrument d’une critique sociale et
politique où la question récurrente est celle de l’ancrage
et du nomadisme. Les planifications urbaines ont fait place à
un territoire toujours mouvant, innervé par les nouvelles technologies
de la communication. La ville d’aujourd’hui se donnerait
d’ailleurs comme Instant City d’Archigram, traversée
de flux d’informations et de migrations identitaires qui rendent
impossible sa localisation.
Commissaires d’exposition : Marie-Ange
Brayer, Directrice du Frac Centre et Laurence Gateau, Directrice du
Frac des Pays de la Loire.
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