"UN
TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE"
POINTS DE VUE, DIVERSIONS ET CONVOITISES
Carte blanche à Anabelle Hulaut, à l’invitation
de l’École municipale d’arts plastiques de Cholet
Gilles Barbier, Jennifer Bornstein, Wim Delvoye, Daniel Dewar et Grégory
Gicquel, Ernest T., Christelle Familiari, Hans-Peter Feldman, Michel
Gerson, Jonathan Monk, Laurent Moriceau Guillaume Paris, Liza May Post,
Pascal Rivet, Jean-Jacques Rullier, Roman Signer,
Œuvres de la collection du Frac des Pays de la Loire
FRAC de Basse-Normandie, Le Ring-Artothèque de la ville de Nantes,
Musée de La Roche-sur-Yon, Galerie Emmanuel Perrotin, collection
personnelle François Morellet
Musée d’art
et d’histoire_CHOLET (49)
_exposition du 19.04 au 15.06.2008
T 02 41 49 29 90
ouvert du mercredi au dimanche de 10h à
12h et de 14h à 18h
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Les
œuvres présentées dans la galerie du Musée d’Art
et d’Histoire issues majoritairement de la collection du Frac des
Pays de la Loire et dans une moindre mesure, des collections de l’Artothèque
de Nantes, du Frac Normandie, du Musée de La Roche sur Yon, de
la Galerie Emmanuel Perrotin et de la collection personnelle François
Morellet, auxquelles il faut ajouter la création d’Anabelle
Hulaut, s’inscrivent dans une tradition qui trouve ses racines au
XIXème siècle et au début XXème, tradition
ou plutôt une nébuleuse constituée d’une poignée
d’artistes à l’esprit frondeur, dissidents et excentriques,
qui utiliseront comme moteur de leurs créations, le dérisoire
et la dérision, l’humour et le sarcasme, l’absurde
et l’ironie ou encore le grotesque et la farce, à des Fins
volontairement polémistes et subversives.
On peut citer comme référents historiques : Théophile
Gautier, Alphonse Allais, le Flaubert de «Bouvard et Pécuchet»
(ou l’apologie de l’idiotie), Jacques Vacher, Raymond Roussel
ou encore Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Francis Picabia, Raymond Queneau
et ses compères Oulipiens etc.
Enfin, autant d’artistes considérés fort longtemps,
par les détenteurs de la culture officielle, comme des figures
singulières en marge de la grande et sérieuse histoire de
l’art.
Or, avec le recul, on mesure à présent la pertinence de
ces attitudes, qui semblent anticiper de plusieurs décennies les
révolutions artistiques du XX ème siècle.
Ces esprits trublions, pourfendeurs des règles établies,
qui «mitèrent » et minèrent de loin en loin
le territoire de l’art, ont donné naissance à une
progéniture abondante. On peut même prétendre que
ces attitudes, dans leurs grandes diversités d’approches,
sont une des dominantes de la création artistique de ces trente
dernières années.
Cette exposition essaie, à sa manière, de relater cette
présence à travers plusieurs générations d’artistes,
quelques figures presque historiques dont François Morellet, jusqu’à
des artistes «émergents» qui perpétuent, à
leur manière, cette esthétique «ubuesque et oulipienne».
Bien sûr, il existe des différences notoires entre chacune
de ces propositions, de même que le loufoque et l’absurde
ne sont pas de même essence que l’ironie ou la dérision,
de même que l’amusement et l’espièglerie n’ont
pas nécessairement la gravité critique de la farce et du
grotesque, de même l’œuvre de François Morellet,
pour ne prendre que cet exemple, ne relève pas des mêmes
intentions, ni de la même esthétique, que celle de Wim Delvoye,
et cet exemple vaut pour tous les artistes présentés en
ce lieu.
Néanmoins, au sein même de leurs différences, un air
de famille subsiste, (proches parents et cousins éloignés)
tous ces artistes privilégient la pensée intuitive à
la pensée abstraite, montrent une affection commune pour le déraisonnable
et a contrario une désaffection pour le rationalisme (ou tout du
moins ce dernier est considérablement perverti), préfèrent
l’instable au stable, ont un goût certain pour le paradoxe
et, en conséquence, se méfient des absolus et des certitudes,
se plaisent à créer des procédures de déplacement
et de glissement, les mêmes qui sont à l’œuvre
dans les calembours et les mots d’esprit, créant ainsi des
sens inattendus qui perturbent nos repères, les codes établis
et les significations univoques.
Pour résumer et conclure, ils affectionnent toutes les procédures
de renversement et leurs œuvres se présentent dès lors
comme des exceptions, qui dans leurs insubordinations rentrent en conflit
avec le général, en ayant naturellement à l’esprit
que seule l’exception pense le général avec l’énergie
de la passion. |